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Portrait de Guillaume Lurson, responsable pédagogique de Questions Contemporaines

PHOTO Guillaume LURSONLe premier à se prêter à notre exercice très gentiment est Guillaume Lurson, responsable pédagogique de Questions Contemporaines pour Tremplin 1.

Tremplin IEP : bonjour Guillaume, pourrais-tu déjà nous expliquer ton parcours de professeur jusqu’à rejoindre nos équipes ?
Bonjour Tremplin IEP. Je m’appelle Guillaume Lurson, et je suis professeur de philosophie en classe de terminale dans le département de la Somme (Picardie). J’ai fait un parcours très classique : bac ES, hypokhâgne et khâgne, puis j’ai poursuivi mes études de philosophie à Paris 1. J’ai ensuite préparé les concours pour devenir professeur.

Tremplin IEP : devenir professeur pour toi, c’était une vocation, un hasard ?
Ce n’était pas une vocation au départ, je n’ai pas su pendant longtemps ce que je ferai comme métier. C’est à l’occasion de ma seconde année de classes préparatoires que je me suis dirigé vers la philosophie, et que j’ai pensé à devenir professeur. La rencontre avec mon professeur à ce moment-là a été déterminante : en le voyant, je me suis dit que c’était ce que voulais faire.

Tremplin IEP : qu’est ce que tu préfères dans ton métier ?
Difficile de répondre ! J’aime d’abord l’idée de pouvoir initier les élèves à la philosophie. La terminale est une classe importante, c’est une étape dans la vie des élèves (dernière année avant les études supérieures, orientation…), et je pense que c’est un bon moment pour commencer à faire de la philosophie. Ensuite, j’aime le contact avec les élèves, car leur parole est souvent l’occasion de « tester » ma pratique, mais c’est aussi l’occasion pour moi de remettre en question certaines choses qui me paraissent évidentes. En bref, je vois les cours comme un moment de pensée collective. Les élèves sont tous différents, ont vécu des choses qui leur sont propres, c’est ce qui rend les échanges intéressants. Dans tous les cas, on est souvent surpris.

Tremplin IEP : qu’est ce que tu aimes le moins, des moments plus complexes, plus durs peut-être aussi ?
Les moments les plus durs sont les moments où je me retrouve en difficulté pour expliquer quelque chose, mais c’est aussi très stimulant. C’est normal, et nécessaire que les étudiants ne se laissent pas toujours faire. Leurs réactions sont importantes, et contribuent à la dynamique de mes cours.

Tremplin IEP : qu’est ce qui t’a motivé pour rejoindre le projet Tremplin ?
Comme pour ma décision de devenir professeur, il s’agit d’une rencontre. J’ai commencé à corriger des copies, puis à faire progressivement plus de choses. C’est un projet stimulant, et très porteur, je crois. Je dirais qu’il y a une sorte « d’état d’esprit » Tremplin, que nous partageons tous : croire dans le potentiel des élèves, et faire en sorte de donner sa chance à chacun. Même si le plus gros du travail incombe aux élèves ! C’est aussi l’occasion pour moi de développer d’autres compétences. L’interaction entre Tremplin et mon enseignement au lycée est très bénéfique.

Tremplin IEP : peux-tu maintenant nous parler un peu plus de ta matière : questions Contemporaines. En quoi c’est important pour un étudiant qui désire rentrer dans un Institut d’Etudes Politiques ?
Evidemment, je vais prêcher pour ma paroisse… Je pense effectivement que l’épreuve de QC est tout à fait justifiée, et qu’elle est décisive pour tous ceux qui se destinent à un cursus comme sciences po. Cette épreuve est l’occasion d’une réflexion personnelle sur l’actualité et sur des enjeux contemporains. Elle est très exigeante, mais elle annonce clairement ce qu’on est en droit d’exiger d’un élève qui espère avoir un jour des responsabilités dans le secteur privé comme dans le secteur publique. Ce qui fait la difficulté et l’intérêt de cette matière, c’est la capacité à allier intelligence abstraite de la théorie et analyse des faits d’actualité.

Tremplin IEP : cette année les sujets traitent de la culture et du travail. Sans rentrer dans des débats, qu’est ce qui selon toi a pu motiver les IEP à proposer de telles thématiques ?
Il me semble que le travail est une notion au cœur des préoccupations de toute société. A la fois elle renvoie chaque élève à ses choix d’orientation, à ce qu’il veut faire de sa vie, et en même temps, la question de l’emploi est un enjeu crucial de la politique des Etats. Je ne vais pas m’étendre sur le problème de la crise économique, d’autres l’ont fait. Mais il est certain que plus jamais, le travail est renvoyé à sa dynamique propre : est-il essentiellement une activité créatrice de richesses ? Est-on en droit d’attendre de lui autre chose qu’une fonction purement économique ?
Quant à la culture, il est évident qu’avec la mondialisation nous vivons dans un monde structuré par des échanges culturels. Les problématiques sont très diverses, mais les échanges de type culturel nous confrontent sans cesse aux autres, et aussi à nous-mêmes. La culture, c’est ce dont on hérite, elle nous précède et définit notre identité, mais il faut aussi en reconnaître la vivacité et la dynamique : elle se recompose sans cesse. La culture est aussi un enjeu politique majeur : il y a en ce moment d’importants débats quant au modèle d’intégration français, débats auxquels les élèves doivent être attentifs.

Tremplin IEP : les étudiants tremplinistes soulignent qu’ils doivent être très organisés, que parfois ça peut être compliqué pour eux de trouver le bon rythme. De ton côté j’imagine que c’est pareil. Comment concrètement s’organise ta semaine entre tes cours et Tremplin ? En quoi consiste ton travail au quotidien, quelle charge cela représente-t-il en termes d’heures ?
En effet, il faut que je sois très organisé de mon côté pour gérer de fronts plusieurs activités. Je ne pourrais vraiment quantifier ma charge de travail, mais je peux juste dire que je m’ennuie rarement…

Tremplin IEP : quelle seraient les valeurs de l’éducation aujourd’hui, selon toi, et les procédés à mettre en avant plutôt que d’autres pour renouer un dialogue entre les étudiants et les professeurs, par exemple ?
Vaste sujet ! J’essaye de mon côté d’avoir une approche la plus humaine possible. Je pars du principe que les élèves ne sont pas des abstractions, et que sous la « classe » il y a des individus singuliers, avec leurs intérêts, leurs difficultés et leurs passions. Il faut essayer d’encourager un maximum les élèves, et leur montrer qu’ils sont maîtres de leur destin tout en les valorisant au maximum. Pour cela, le dialogue est la meilleure des choses. L’éducation n’est pas pour moi une question de politique au sens où un type de discours serait préférable à une autre, bien qu’elle soit quelque chose de fondamentalement politique (au sens où elle concerne la vie de la Polis, de la Cité). Il faut idéalement – je précise – que l’école reste un tremplin et un moyen d’ascension pour les élèves, et qu’elle essaye d’assurer au maximum l’égalité des chances.

Tremplin IEP : merci beaucoup, aurais-tu d’autres choses à communiquer aux parents des étudiants, aux étudiants ?
Je leur adresse tous mes vœux de réussite. J’espère que la prépa Tremplin leur permettra d’apprendre de nouvelles choses, et qu’elle sera un moyen pour eux d’obtenir ce qu’ils souhaitent.